Archives Mensuelles: décembre 2011

à propos du commerce des livres (Citation)

David et Goliath par *m22 FlickR CC by-nc-sa

David et Goliath par *m22 FlickR CC by-nc-sa

« Je puis et je ne balance pas à vous dénoncer un abus qui s’accroît journellement au détriment de la communauté et du commerce de la librairie ; je parle de la nuée de ces gens sans connaissances, sans titres et sans aveu, qui s’y immiscent avec une publicité qui n’a point d’exemple. »

Cette phrase évoque directement au lecteur contemporain averti du commerce des livres les marchands sans âmes au premier rang desquels Amazon.

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La BU comme refuge dont les ressources sont sous-utilisées (étude)

Une étude sur la gestion de la technologie par les étudiants à la BU durant les périodes de révision a été publiée le 12 octobre 2011 : « Project Information Literacy Research Report : Balancing Act ». Elle a été menée à bien par Head et Eisenberg de la Information School de l’université de Washington. L’étude est disponible en anglais ici.
Cette étude réalisée auprès de 20 institutions de l’enseignement supérieur aux Etats-Unis a porté sur un échantillon de 560 étudiants. J’en ferai ici un résumé-commentaire.

Crown Library. My favourite spot. Par Leah the Librarian Flickr  CC by-nc-nd

Crown Library. My favourite spot. Par Leah the Librarian Flickr CC by-nc-nd

Les ressources de la bibliothèques sous-utilisées
Les étudiants sous-utilisent encore plus les ressources numériques de la bibliothèques en période de révision et se rabattent alors sur le classique, le traditionnel, le simple et le sûr.
Mais la bibliothèque, en cette période difficile pour eux, est un « Refuge » : ainsi, un endroit rassurant où l’on est sûr de pouvoir travailler. C’est donc la vision traditionnelle de la Bibliothèque qui domine, et qui conduit naturellement à omettre les fonctions numériques (portails et autres) proposées. Certains étudiants se plaignent même de l’équipement technologique mis à disposition, objet de distraction.

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Théophile de Viau, menteur !

Interrogatoire de Théophile de Viau, 27 mars 1624 :
« Demande : S’il ne s’est pas vanté d’avoir eu compagnie charnelle de garçons et s’il n’a pas dit en termes fort sales que quand il s’en abstenait il était tourmenté d’une chaude pisse.
Réponse : A dit que non et que cela est faux. »
Jean-Christophe Abramovici, Le livre interdit.

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Les dangers du livre électronique (1993)

« Les performances technologiques sont telles que l’inévitable est arrivé grâce à ces petites merveilles que sont les micro-ordinateurs que l’on tient sous le bras et emporte en voyage : on peut maintenant lire à l’écran des livres condensés sur disquette. Tout pronostic serait imprudent, mais il n’est pas déraisonnable de penser que le livre électronique pourrait prendre au livre de papier ce que la télévision a dérobé au cinéma. Ni d’imaginer que, l’écrivain du troisième millénaire (c’est demain) composant ses livres sur ordinateur, le rôle de l’éditeur se limiterait à acheter les disquettes aux agents [note : il ne fait pas l’éloge des agents dans le reste de l’essai] , à les reproduire et à les distribuer. Le paratexte serait réduit à la présentation, la publicité, l’emballage. Quant au texte, dans une société culturellement servile, il ne serait bientôt plus qu’une sorte de comburant cathodique. Et le sens, ce que les marchands de loisirs exigeraient qu’il soit…
Prétendre alors qu’il y aurait encore de beaux jours en perspective pour le livre de papier, ce serait témoigner d’une foi considérable dans la capacité philosophique de notre société. »
Hubert Nyssen, Du texte au livre, les avatars du sens, Nathan, Paris, 1993

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Des recommandations du catalogue à celles du bibliothécaire : doux rêve ?

Suite à ce tweet de 27point7 :

je me suis dit, qu’en tant que lecteur timide et en tant qu’usager de bibliothèque, j’apprécierais d’obtenir des recommandations adaptées à mes goûts. Sachant que l’utilisation de l’OPAC est, de façon constante, une partie de l’utilisation des services en bibliothèque, y ajouter une sérendipité guidée comme celle proposée par Amazon peut être satisfaisant.
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La bibliothèque jamais mieux qu’un Mcdo ?

Ce billet sur les problèmes de l’accès à internet en bibliothèque m’a beaucoup énervé, car je partage le même constat.
Pour le prolonger, je décrirai l’exemple d’un étudiant en droit à Bordeaux.

La BU de Bordeaux 3
En tant que vacataire étudiant à la BU de Lettres, j’ai pour devoir de pousser les étudiants vers la sortie à 19h, heure de fermeture qui disconvient surtout aux étudiants de droit, qui y viennent pour son silence et ses places. Cette BU est excentrée, et lorsqu’ils se plaignent de cette fermeture prématurée pour eux, je les renvoie vers les autres bibliothèques du réseau… en fait une seule bibliothèque, la BU pluridisciplinaire du centre-ville, qui ferme à 22h.

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Le bibliothécaire, célébrité anonyme du campus

Travailler en bibliothèque implique un bouleversement inattendu : la célébrité.

Sur le campus, je ne compte plus le nombre d’étudiants qui me reconnaissent comme le bibliothécaire-super-cool-et-super-beau (bon j’exagère peut-être…), enfin comme bibliothécaire de leur BU. De fait, et c’est très bête que je n’y ai pas pensé plus tôt, beaucoup me reconnaissent et m’adressent un sourire, un bonjour car ils estiment avoir entamé une relation, ce qui est légitime.
Mais je culpabilise beaucoup de ne jamais me souvenir de « l’usager » et de me résoudre à un sourire pour seule réponse. Je suis « catalogué » (si on me permet l’abus de langage) comme un bibliothécaire, et ce 24h/24.

Le problème étant que je culpabilise autant que quand je croise une vieille connaissance dont j’ai tout oublié si ce n’est que je la connais.

J’espère seulement que les lecteurs suspendus de prêt pour cause de retard ne le prennent pas d’une façon trop personnelle…

Un outil pour la signalétique en bibliothèque: thenounproject.com ?

Combien de fois vous est-il arrivé d’entrer dans une bibliothèque et de vous trouver face à une signalétique kitsch, souvent arrivée là dans l’urgence (le petit bonhomme noir qui annonce que la machine à photocopier est hors service, le gobelet barré qui indique qu’il est interdit de boire dans la bibliothèque, etc.) ?

Pour répondre à ce problème, il existe une banque d’images, ou plus exactement de logos, clairs et beaux : thenounproject.com . Le site est en partie traduit en français, et tout son intérêt réside dans ses logos qui sont librement et gratuitement réutilisables par les bibliothèques : licence CC ou domaine public. J’espère que l’iconothèque s’agrémentera au fil du temps de nouveaux logos, et que cette collection sera amenée à servir de référence.

En tout cas, ma bibliothèque idéale en est tapissée !

Nota bene : pour ce qui concerne les détails techniques, les logos sont disponibles en SVG, c’est-à-dire redimensionnables à souhait sans effet de pixelisation. Par conséquent, si on souhaite les utiliser dans la suite Office, il faudra les convertir en PNG ou JPG avec un outil libre comme inkscape par exemple.

en matière de religion

Deux anecdotes en une semaine :

La publication de l’image truquée du pape Benoît seize embrassant l’imam Ahmed al-Tayeb. On comprend qu’elle choque, moins que Benetton qui souhaitait choquer et le publier, choquant un des premiers intéressé, se rétracte. Contre-publicité à l’égard des blasphémateurs coutumiers et des croyants habituels.

J’ai appris qu’un couple que je connais est en fait composé d’un extrême-gauchiste et d’une catholique pratiquante. L’harmonie d’un couple ne tient pas à la religion, ni à la politique. Mais alors à quoi : à l’amour ? à l’humour ?

Conclusions asymétriques : on ne peut plus s’entendre dans l’harmonie parfaite si l’on ne heurte personne. Il faut alors heurter pour pénétrer le coeur des hommes. Discutable, certes, mais formidable en ce que le relativisme reste l’impossible et fragile nécessité du vivre en société (à deux ou à sept milliards)

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Les emplois étudiants à l’université

Une article du Monde daté du jeudi 1 décembre, disponible pour les abonnés ici
L’université employeur de ses étudiants

fait état de la tendance au recours à des moniteurs étudiants, dans les laboratoires d’une part, dans les bibliothèques d’autre part.

Directement concerné par cette deuxième catégorie puisque je suis moi-même employé à ce titre, j’attendais de l’article autre chose qu’une simple description faisant état d’un avantage : l’expérience que l’université apporte à l’étudiant.

Cette expérience est effectivement des plus formatrice, il ne reste plus qu’à espérer qu’elle me permettra de me prévaloir de cette expérience auprès d’un futur employeur. J’ai seulement peur que ce type d’expériences ne bénéficie pas d’une bien grande considération…