Archives de Tag: citation

Bibliothèque du département de philosophie de l’université de Heidelberg par Rainer Ebert CC-BY-SA-2.0

« En 1805, je faisais ma sixième année de philosophie transcendantale à Heidelberg. Vous connaissez l’existence universitaire ; c’est une existence large… une existence de grand seigneur : on se lève à midi, on fume sa vieille pipe d’Ulm, on vide un ou deux petits verres de schnaps, et puis on boutonne sa polonaise jusqu’au menton, on pose sa casquette plate à la prussienne sur l’oreille gauche, et l’on va tranquillement écouter, pendant une demi-heure, l’illustre professeur Hâsenkopf, discutant sur les idées a priori ou a posteriori. Chacun est libre de baîller et même de s’endormir si cela lui convient. »

Cette citation est extraite du recueil de contes fantastiques de Erckmann et Chatrian, publié en deux tomes par les éditions l’Arbre vengeur (Les trois âmes, p.35, tome 2). Ce portrait semble à certains égards et plus de deux siècles plus tard toujours d’actualité !

[citation] Etre étudiant en 1805, comme en 2012 ?

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Théophile de Viau, menteur !

Interrogatoire de Théophile de Viau, 27 mars 1624 :
« Demande : S’il ne s’est pas vanté d’avoir eu compagnie charnelle de garçons et s’il n’a pas dit en termes fort sales que quand il s’en abstenait il était tourmenté d’une chaude pisse.
Réponse : A dit que non et que cela est faux. »
Jean-Christophe Abramovici, Le livre interdit.

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Les dangers du livre électronique (1993)

« Les performances technologiques sont telles que l’inévitable est arrivé grâce à ces petites merveilles que sont les micro-ordinateurs que l’on tient sous le bras et emporte en voyage : on peut maintenant lire à l’écran des livres condensés sur disquette. Tout pronostic serait imprudent, mais il n’est pas déraisonnable de penser que le livre électronique pourrait prendre au livre de papier ce que la télévision a dérobé au cinéma. Ni d’imaginer que, l’écrivain du troisième millénaire (c’est demain) composant ses livres sur ordinateur, le rôle de l’éditeur se limiterait à acheter les disquettes aux agents [note : il ne fait pas l’éloge des agents dans le reste de l’essai] , à les reproduire et à les distribuer. Le paratexte serait réduit à la présentation, la publicité, l’emballage. Quant au texte, dans une société culturellement servile, il ne serait bientôt plus qu’une sorte de comburant cathodique. Et le sens, ce que les marchands de loisirs exigeraient qu’il soit…
Prétendre alors qu’il y aurait encore de beaux jours en perspective pour le livre de papier, ce serait témoigner d’une foi considérable dans la capacité philosophique de notre société. »
Hubert Nyssen, Du texte au livre, les avatars du sens, Nathan, Paris, 1993

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