Archives Mensuelles: février 2012

Jusqu’où peut-on aller dans la vie privée de l’usager ? Et comment trouver les étudiants sur Twitter ?

Il m’arrive de chercher sur internet des informations sur les usagers qui viennent à la BU, en particulier pour les enseignants, afin de connaître leurs domaines de recherche surtout. La semaine dernière, après avoir discuté avec un étudiant, je googlise son nom et je tombe directement sur son compte Twitter. Je m’y abonne. En terme de déontologie, je me demande quelle est la limite de cette entreprise : pister le lecteur est-il ainsi autorisé ? Emprunter des livres à la bibliothèque vous condamne-t-il à risquer d’être suivi par un bibliothécaire ?

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De cet état de fait j’ai trouvé de bons comptes Twitter à suivre, puisant dans ses abonnés d’autres étudiants de l’université où je travaille. Signe que pister à grande échelle est d’un grand potentiel pour une bibliothèque à la recherche de lecteur et de followers.

Etant donné que dans son compte lecteur j’ai déjà pas mal d’informations (adresse postale, adresse mail, téléphone, …), ne pourrait-on pas ajouter au formulaire d’inscription un champ de type « réseaux sociaux », qu’au même titre que le mail l’étudiant pourrait renseigner ? (En plus, ce champ remplacerait parfaitement le « téléphone fixe » que si peu d’étudiants ont, hormis celui de leurs parents …)

Et puis nous pourrions automatiser l’abonnement à tous ces étudiants, de façon à ce qu’ils nous suivent en retour s’ils le souhaitent et que la BU ait plein de followers Twitter et beaucoup d’amis Facebook. A l’instar des entreprises privées, il s’agirait de récupérer davantage d’informations personnelles pour les valoriser au mieux (j’ai conscience que dit comme ça, j’ai l’air d’un requin – mais je ne parle pas de les monétiser !).

Mais cela pose aussi la question de la personne en charge de la communauté provoquée : s’il y a quelqu’un en charge de l’animation (le service aux publics ?), il doit aussi être en charge de l’animation sur internet, ce qui n’est peut-être pas toujours le cas actuellement en bibliothèque. De plus, cette personne ne saurait le faire de façon personnelle, sur un compte personnel comme je l’ai fait, passant d’une relation professionnelle à une relation privée et, surtout, privant la BU de ce follower lorsque je la quitterai. Se pose ainsi la question de la pérennité de ce réseau.

Du moment que nous sommes sur cet espace et que les étudiants le sont également, pourquoi ne pas organiser (ou plutôt provoquer) officiellement la rencontre ?

Épilogue : Bon, en fait, l’étudiant auquel je me suis abonné travaille en tant que contractuel dans une autre bibliothèque du réseau : tel est pris qui croyait prendre !

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Renseigner l’usager depuis le SIGB ou l’OPAC ?

à Bordeaux 3, nous avons la chance d’avoir Babord+ comme OPAC (prix de l’innovation numérique de l’Enssib). C’est franchement génial pour le renseignement, car ça permet de faire des recherches pertinentes pour les questions des usagers. Comme beaucoup, j’imagine, je profite de chaque renseignement donné pour expliquer le fonctionnement du catalogue à l’usager, sans jargonner et en prenant sa requête comme modèle.

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C’est ce que je faisais l’autre jour, faisant pivoter l’écran pour que l’usager voie tout ce que je fais à l’écran et l’invitant à me dicter, lorsqu’un collègue m’a fait remarquer :

— Hoho ! vous n’utilisez pas Horizon [le SIGB] pour vos recherches ? Je suis complètement dépassé par les moniteurs étudiants [note : je ne suis plus moniteur mais contractuel], moi.

Après discussion, il s’avérait que la recherche sur le SIGB est plus précise selon lui. Et surtout plus professionnelle. Je lui fais donc la réclame du nouvel OPAC et lui explique qu’ainsi je fais des mini-sessions de formation. Mais il estime qu’au contraire, si un usager vient à lui pour des renseignements, c’est qu’il attend autre chose que l’OPAC : alors le SIGB m’a été présenté comme le Saint Graal.

C’était il y a quelques semaines. Depuis, je l’ai surpris (il faut être honnête : je le surveillais) à renseigner un étudiant, ne passant toujours pas par le catalogue. J’ai donc relancé la discussion, lui expliquant que les ressources numériques par exemple n’étaient pas à cet endroit. Il s’obstine (me dit « oui certes » mais n’en pense pas moins).

Rien à faire, et je suis à court d’arguments !

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[Brouillons] Aux élections, ma voix compte double

La loi est toujours bien faite, mais le citoyen ignorant a parfois du mal à s’y retrouver, et les agents publics de ma mairie aussi.

Deciding Which Door to Choose 2 par Hang in there  / CC BY 2.0

Deciding Which Door to Choose 2 par Hang in there / CC BY 2.0

Les élections présidentielles avançant à grand pas, j’en profite pour évoquer un sujet branlant : le vote des citoyens possédants deux nationalités (communément appelés binationaux). Je suis belge et français, j’en fais partie.

Lors de mes seize ans, résidant en France et possédant la nationalité belge, je pars me signaler en mairie pour assister à la fameuse JAPD (Journée d’Appel et de Préparation à la Défense). Les agents publics qui m’y accueillent sont formels : si la seule carte d’identité en ma possession est belge, je ne peux me signaler de la sorte.

Depuis, un accord cadre entre la Belgique et la France a permis, sous certaines conditions (les dates de naissance notamment), que les citoyens belges puissent aussi être citoyens français. Je suis donc devenu citoyen français. Et j’ai ainsi obtenu le droit de vote pour les prochaines élections présidentielles.

Par conséquent, je vote aux élections belges (c’est un devoir, en Belgique, de voter) et aux élections françaises (un droit). Ma voix compte donc pour deux. J’ai demandé à la mairie de ma ville : pour eux, tout est normal. J’ai demandé à l’ambassade de Belgique : je fais comme je veux.

Je veux bien l’avis de citoyens avisés ! Ma voix compte double ? Je vote deux fois aux élections européennes ?

Les étudiants à l’assaut des grosses BM

Les étudiants sont très invasifs dans le milieu bibliothécaire municipal.

Le préjudice est réel auprès des usagers citadins. Pour parler de l’exemple que je connais le mieux, les usagers de la BM de Mériadeck à Bordeaux sont dépourvus de places assises (ou si peu), emparées par les étudiants qui, phénomène surprenant, courent le matin dans la bibliothèque pour aller chercher des places. Ainsi, tel un premier mercredi des soldes, chaque jour connait sa cohue d’étudiants. Cette cohue invasive (le vocabulaire est négatif à dessein, provocation ironique car cette venue est positive, je trouve) soulève plusieurs questions.

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