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Un outil pour la signalétique en bibliothèque: thenounproject.com ?

Combien de fois vous est-il arrivé d’entrer dans une bibliothèque et de vous trouver face à une signalétique kitsch, souvent arrivée là dans l’urgence (le petit bonhomme noir qui annonce que la machine à photocopier est hors service, le gobelet barré qui indique qu’il est interdit de boire dans la bibliothèque, etc.) ?

Pour répondre à ce problème, il existe une banque d’images, ou plus exactement de logos, clairs et beaux : thenounproject.com . Le site est en partie traduit en français, et tout son intérêt réside dans ses logos qui sont librement et gratuitement réutilisables par les bibliothèques : licence CC ou domaine public. J’espère que l’iconothèque s’agrémentera au fil du temps de nouveaux logos, et que cette collection sera amenée à servir de référence.

En tout cas, ma bibliothèque idéale en est tapissée !

Nota bene : pour ce qui concerne les détails techniques, les logos sont disponibles en SVG, c’est-à-dire redimensionnables à souhait sans effet de pixelisation. Par conséquent, si on souhaite les utiliser dans la suite Office, il faudra les convertir en PNG ou JPG avec un outil libre comme inkscape par exemple.

Autoroute

« -La construction française, c’est très simple : vous ajoutez des choses qui ont un sens entre elles, la somme des deux forme un nouveau mot, somme des deux sens.

-Madame, je ne comprends pas.

-Bien, prenons un exemple. « mobile », par exemple, signifie un objet qui bouge, qui est mobile, qui se déplace, si vous préférez. Ajoutez « auto » devant, cela signifie « tout seul », comme une machine automatique par exemple. Nous obtenons donc – un silence de cinq secondes suffit à suspendre la classe à ses lèvres – l’automobile !

Je sentais alors un bouillonnement juvénile s’emparer de la classes : chaque enfant tenter dans sa tête d’inventer de nouveaux mots selon l’exemple, finissant par se rendre compte que chaque exemple était valable. Marie Brézolin, une fille extravertie et bavarde, tenta sa chance oralement :

-Heu, Madame, c’est comme autoroute alors ?

-Absolument Marie, c’est tout à fait ça ! »

C’est, je crois, le premier souvenir de désillusion : j’avais de sérieux soupçons sur les gens – on ne dit pas « hommes » à cet âge-là – je savais enfin la seule chose nécessaire à l’avancée intellectuelle : les hommes mentent.

Ce n’est pas le seul exemple ; c’était récurrent.

Et le flottement des romans, des films et des chansons populaires annonçant le mensonge étaient eux aussi plein de mensonge : les gens mentent sans flottement, directement.

la jalousie

La jalousie découverte à chaque grande surface spécialisée, et pourtant je sais pertinemment que je ne voudrais pas être à la place de la personne que j’envie. J’envie seulement l’idée du succès et de l’admiration. Mais je vois cette idée partout : en video, en presse bibliothéconomique spécialisée, en document usuel, en radio, et en littératures.

Et je ne voudrais pas y être.

8h de train, 1h de retard et du monde : l’imagination divague

Elle baillait comme un lion rugirait, comme énervée face à son écran de téléphone. Elle compulsait les touches du clavier, veillant sûrement à l’arrivée de nouveaux messages sur ce maudit téléphone qui la tenait éveillée le long de ce Grenoble-Bordeaux.
Dimanche soir, TGV vide, l’écran de son téléphone l’exciterait assez pour qu’elle ne s’endorme que vers trois heures du matin.
Comme un timide cochon d’Inde, elle tressautait à chaque inconnu croisé dans le train. Et tous étaient inconnus. Elle fermait les yeux, mettait son casque à musique branché au téléphone, et pensait à sa semaine.
Lundi. Rien, sinon travailler à la bibliothèque.
Mardi. Rien, sinon travailler pour la bibliothèque.
Mercredi. Rien, sinon travailler à la constitution de sa bibliothèque personnelle.
Jeudi. Travailler à son avenir professionnel (entraînement aux exercices du concours, veille internet, entretien du réseau).
Vendredi. Travailler à son avenir personnel (ménage, courses, factures).
Et puis elle reprendra le train, face à ce même inconnu au cheveux en formes de flammèches, si n’étaient quelques pellicules qui donnaient trop de terne à l’ensemble pour pouvoir le qualifier de flamboyant. Dommage.
Elle avait choisit une place côté fenêtre lors de la réservation pour pouvoir observer les changement de paysage de Grenoble à Bordeaux. Elle oubliait alors que le voyage se faisait de nuit.
Le train était de ceux qu’on trouvait modernes dans les années quatre-vingt dix, rayés de gris et de turquoise, spacieux et froids, inconfortables et impersonnels. Une mode passée désormais.
Sa tenue à rayures exotiques ne dépareillait pas de l’ambiance à bord. Personne malheureusement ne semblait en mesure de lui en faire part : tous dormaient ou, fébrilement, tapotaient sur leur téléphone portable sans remarquer les gens alentour. Après tout, c’étaient des inconnus.
Le problème étant qu’en 2011 et en France, les inconnus étaient condamnés à le rester. La solitude était un mal qu’on préférait à la confrontation à l’inconnu. Cet inconnu était considérait comme poétique, comme fantasmatique, et le vaincre eut été de trop (une déception et une rupture du confort).
Il fut évidemment un homme pour rompre l’ennui et aborder notre protagoniste, lui demandant gauchement l’heure. Face à tant d’impudeur, notre protagoniste ne put s’empêcher de répondre, aucune répartie pertinente ne venant à ses lèvres.
– 22h42, répondit-elle donc sèchement.
– Merci, et à quelle heure arrivons-nous à Agen ?
La question était de trop, mais il y avait d’autres gens dans la voiture 12 du train. Il fallait donc répondre :
– Ecoutez, je n’en sais rien, je descends à Bordeaux moi ! Elle s’empourprait, et s’agaçait de se sentir rougir pour cet imbécile.
– Bordeaux ? Ho j’ai connu cette ville avant le tramway : ne l’a-t-il pas trop défigurée ?

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