Ils et elles testent le travail en plein air

Le développement du télétravail en France est désormais une réalité (je peux prendre l’exemple de ma collectivité, Grand Paris Sud Est Avenir qui, après une phase d’expérimentation, a pérennisé cette nouvelle façon de travailler). Il y a aussi un entre deux qui est de ne pas travailler chez soi, mais pas non plus à son bureau : en plein air. C’est une idée qui m’est chère, ainsi qu’à Magalie Le Gall avec qui nous avons pu en faire la promotion en formation. Alors quand j’ai lu cet article dans la presse professionnelle suédoise, j’ai pensé à le traduire. Cet article d’Ann Persson du 28 novembre 2018 a été publié dans Biblioteksbladet. Merci Ann de m’avoir autorisé à traduire son article !

C’est ainsi que nous l’avons fait. Il n’y a pas que les enfants qui se portent mieux en allant dehors et en bougeant. Avec le projet de recherche “Sortez !”, les adultes peuvent laisser leur bureau et travailler dehors. La bibliothèque municipale de Malmö est une des 55 administrations à le tester.

Es-tu plus productif-ve en restant assis-e devant ton ordinateur ? Mouais, la ville de Malmö encourage les employé-e-s de bureau à essayer d’effectuer leurs tâches professionnelles en plein air. Lire un long rapport sur un banc dans un parc. Préparer quelque chose de neuf lors d’une balade en vélo. Avoir un rendez-vous pendant une promenade.

Les bibliothécaires Nanna Ekman et Mimmi Widner ont laissé leurs bureaux de la bibliothèque municipale de Malmö, se sont chacune acheté un café dans un gobelet cartonné et sont sorties dans le parc pour une réunion. Le vent d’automne s’est levé dans le coin, les feuilles et les gravillons dansent, et les feuilles des carnets volètent. A l’ordre du jour, Nanna doit informer Mimmi des projets numériques en cours, comme “la bibli forme”.

Pourquoi avez-vous choisi de faire une promenade dans le parc ?

– On parle souvent mieux en se promenant. ça émule la créativité. Une promenade peut aussi rendre une discussion difficile plus simple. Prends par exemple une discussion avec un-e ado. De nombreux-ses chef-fes et coaches choisissent spontanément de partir en promenade durant un entretien, dit Nanna Ekman.

– Quand je suis en mouvement, je suis plus concentrée durant la conversation. Lorsque je suis assise, je regarde les autres et je me concentre plus sur les personnes. Pendant une promenade, on est au même niveau. ça sort de la tête le rapport hiérarchique, dit Mimmi Widner.

Donnez un exemple d’une réunion en plein air vraiment réussie, qui ne se serait peut-être pas passée aussi bien dans une salle de réunion réservée.

– Nous étions six personnes qui avions reçu une demande un peu compliquée, comme on dit, d’un-e chef-fe. Nous sommes alors allés dans un endroit sympa dans le parc, explique Mimmi Widner en montrant une terrasse qui fait face au canal dans le parc.

– Tout le monde a pu dire ce qu’il ou elle pensait pendant que les autres écoutaient. Une personne prenait des notes, ajoute Nanna Ekman.

Donnez un exemple qui n’a pas fonctionné.

– Une fois, une classe de maternelles est venue juste au moment où je venais de me poser ici dans le parc. J’ai donc dû partir à la recherche d’un autre endroit. Nous avons commencé à sortir en mai, il nous faut donc désormais trouver des façons de sortir durant l’automne et l’hiver, dit Nanna Ekman.

Qu’est-ce qu’on ne peut pas faire en plein air ?

– Ça peut être assez difficile d’avoir une réunion formelle avec un objectif précis, explique Mimmi Widner.

– Lire sur écran peut être difficile quand le soleil brille. Le travail peut être limité s’il n’y a pas accès au wifi, poursuit Nanna Ekman.

Qu’est-ce que vous gagnez, en plus de la créativité, quand vous sortez ?

– La lumière et le vert. Et la concentration, dit Mimmi Widner.

– Et puis pouvoir bouger. Ça fait du bien si j’ai mal dormi et mal au cou, dit Nanna Ekman.

Parvenez-vous à laisser votre bureau sans avoir mauvaise conscience car votre chef-fe ou les collègues vont se demander où vous êtes ou si vous faites vraiment votre travail ?

– Nous sommes dans un open space ou beaucoup quittent leur bureau pour travailler dans d’autres endroits de la bibliothèque, par exemple la banque de prêt, dit Mimmi Widner.

– C’est clair qu’il peut m’arriver de me sentir un peu coupable, mais dans ce cas j’ouvre l’application et je décris ce que j’ai fait, poursuit Nanna Ekman.

Les participant-es au projet de recherche rapportent dans une application ce qu’ils et elles font hors de leurs bureaux. S’agissait-il d’une discussion informelle, d’une réunion, d’une conversation téléphonique ? Etait-ce pour lire, préparer et réfléchir ? Les participant-es décrivent également comment ça s’est passé et comment ils et elles se sont senties : est-ce qu’ils et elles ont eu mauvaise conscience en sortant du bureau par exemple ?

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