La librairie showroom

En Australie, une boutique, lassée de se sentir comme un showroom des boutiques en ligne et des boutiques concurrentes, a décidé de faire payer l’entrée 5 $, déduite des achats (voir actu en anglais). L’information a été signalée au détour d’un billet sur le blog de Swiss Army Librarian et marque un symptôme important vécu par les boutiques physiques.

En effet, les boutiques des centre-villes ont souvent le sentiment que les non-clients viennent observer les produits, pour les acheter moins cher ailleurs.

Ce problème concerne en premier lieu les boutiques concurrentes des géants du e-commerce, comme Ebay par exemple. Mais aussi Amazon, concurrent jugé comme redoutable par les librairies, dont on connait les difficultés à payer leurs emplacements. Le problème ne touche pas seulement les petits libraires indépendant, mais l’ensemble des enseignes culturelles. Celles-ci s’estiment souvent victimes de cette injustice : les enseignes en ligne et leurs clients profitent de leurs scènes et de leurs mises en scène.

La fausse bonne idée

Mais la solution à ce problème est-elle d’adopter un système de ticket d’entrée ? Il me semble que la mise en place d’une entrée payante dans une librairie par exemple entraînerait par définition une barrière qui n’existe pas : personnellement, j’entre généralement dans une librairie par hasard. Mais plutôt que de hasard, j’y réfléchirais désormais à 2 fois avant de rentrer. Parce qu’au final, même si je n’en ressors pas souvent les mains vides, ça m’arrive. Et j’attendrais vraisemblablement d’avoir une volonté ou une idée d’achat pour y aller. Mais si je sais déjà ce que je veux, à quoi bon aller chez un libraire quand le diable Internet me permet de le commander si rapidement ?

Roller Coaster

Vers l’inconnu et l’au-delà du libraire — Roller coaster par Marc Dalmuder — CC-BY 2.0 sur FlickR

Le tiers lieu ou la foire du trône

De plus, la librairie ne serait plus cet espace chaleureux, ou je vais échanger paisiblement en me sentant un peu chez moi, non, ce ticket d’entrée signifierait seulement que j’entre dans un espace qui vaut le détour, ce showroom qui se rêve Disneyland. Et dans ce cas là, en tout cas dans le contexte territorial français, autant aller en bibliothèque, non ?

Une concurrence de plus en plus forte

Cependant, la concurrence ressentie est terrible pour les libraires : il suffit pour s’en convaincre de voir l’émoi provoqué ces derniers mois avec l’apparition de l’application Amazon Price Check qui permet à l’aide de son smartphone de scanner le code barre d’un livre par exemple, et de comparer directement son prix avec celui d’Amazon. Face à la tentation de ce client, faire payer l’entrée de sa librairie ne me semble pas être un solution. Il me semble qu’il viendrait encore moins dans ce cas.

Le numérique : seul salut ?

Alors que faire ? Evidemment, la seule réponse que je puisse apporter, de mon point de vue de lecteur, c’est le numérique. Aller chez un libraire pour fureter et se faire plaisir, en découvrant des auteurs oubliés, et d’autres qui méritent d’être découverts, comme ceux de publie.net par exemple : sur papier ou en numérique.

Ma réponse n’est pas celle de la FNAC qui, depuis un an environ, se showroom-ise en développant les espaces thématiques et en proposant de l’électroménager et d’autres objets qui la placent encore plus dans une situation difficile à tenir, selon moi : on y vient pour découvrir, et puis on achètera sur internet ?

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